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Les russes organisent un massacre de journalistes et de mères de soldats ukrainiens.

2014/07/04

Le journaliste Anatoly Klyan a été tué pendant l’opération de diversion:

Dans la nuit du 29 au 30 juin, un minibus transportant des mères de soldats ukrainiens et un journaliste de la première chaîne russe (TV1 Первый канал) est pris pour cible par des tirs de l’armée ukrainienne. Le journaliste Anatoly Klyan a été blessé et son agonie a été filmée, puis exploitée par toutes les propagandes de l’axe russe, sous l’impulsion de LifeNews, Russia Today et le ministre russe des affaires étrangères.

Le « service de presse » de la prétendue « République Populaire de Donetsk » a convoqué les journalistes présents à Donetsk, dans un bâtiment administratif le soir du dimanche 29 juin. Ils y ont rencontré un jeune homme qui s’est présenté sous le nom de “Gyurza”, représentant du prétendu service de presse de la DPR. L’homme a déclaré avoir négocié une rencontre entre les mères de soldats ukrainiens [au Donbasss occupé par les russes, elles portent des rubans sécessionnistes], avec les soldats ukrainiens sur la ligne de front dans la ville de Spartak. Il a promis que la garnison ne comptait qu’une cinquantaine de conscrits seulement, et était prête à se rendre sans combattre; il a évoqué un important stock de munitions anti-aériennes gardé sur place. Les femmes avaient préparé des pancartes avec des slogans pacifistes. « Gyurza » a promis aux journalistes du « matériel sensationnel », et a rassuré les participants en prétendant avoir fait le voyage de nombreuses fois. Les correspondants de la chaîne russe LifeNews [01] ne sont pas montés dans le minibus préparé pour les « activistes », mais ont utilisé un taxi pour accompagner le bus. Orkhan Jemal, correspondant russe de Forbes, rapporte ces informations. Il affirme avoir eu un pressentiment et a préféré se rendre sur les lieux dans le véhicule de ses collègues russes de LifeNews: en taxi, plutôt qu’avec les femmes dans le bus.

AnatolyKlyan02

En approchant de la destination, en pleine nuit, le taxi s’est garé sur le bord de la route et a éteint ses phares.

LifeNews – the Russian news service implicated in fabrications of Ukrainian news stories and possible weapons smuggling. They arrived first, got out of the car, turned off the lights, and waited for the minibus.

Au bout de trois minutes, les occupants du taxi sont sortis en rampant et se sont écartés du véhicule. Les ukrainiens ont commencé à tirer des grenades vers la position où ils ont vu les phares dans l’obscurité, et le minibus est arrivé sans voir le taxi, et a immédiatement subi les tirs d’une mitrailleuse ukrainienne. Jemal affirme que le conducteur avait accroché à sa fenêtre un tissu blanc, invisible de loin dans la nuit.

Jemal concludes: “There will probably now be a whole lot of statements about the inhuman Kyiv fascists who shoot journalists. Although all who were there, without exception, understand that we were simply placed under fire. It’s not for nothing that they call this war “mainly information”: a busload of journalists shot at is also a propaganda achievement, no worse than a military unit that’s surrendered.”

Le jeune chauffeur du bus a été blessé à la tête en manœuvrant sous les tirs. Jusqu’au lundi soir, la propagande russe affirmait qu’il avait été tué (depuis une vidéo le montre au volant du bus pendant l’agonie d’Anatoly Klyan).

Sergueï Lavrov a dénoncé la « déloyale, brutale et totale persécution des journalistes en Ukraine » et a cité parmi d’autres l’ONG Reporter Sans Frontières. Mais RSF n’emploie pas le terme « persécution« , au contraire l’organisation réclame des comptes sur ce complot destiné à provoquer les conditions d’un massacre de femmes et de journalistes:

RWB clearly asked some good questions, such as why a bus with journalists and soldiers’ mothers should have set out late at night.  Even if, as asserted, the minibus was “displaying pacifist banners”, these presumably did not glow in the dark, and those in the military unit had every reason to suspect attack following those on their colleagues’ units.

Ria Novosti (l’agence de presse du Kremlin depuis l’URSS), cite Alexandre Borodaï (le prétendu 1er ministre de la prétendue DPR). Celui-ci affirme que la DPR n’était pas informée [de cette expédition vers les positions militaires ukrainiennes, de nuit], mais assure que la DPR a entamé une enquête criminelle. Orkhan Jemal devait prendre ce minibus avec les autres victimes choisies, il rappelle qu’il a été contacté par le « service de presse de la DPR«  et avait négocié avec eux.

Russia Today diffuse trois vidéos [02] fournies par LifeNews, et filmées depuis l’intérieur du minibus pendant les tirs. Une autre vidéo montre le minibus à l’arrêt, les impacts de balles sur la carrosserie, et des hommes qui aident Anatoly Klyan à se déplacer vers une voiture, il est décédé ensuite:

AnatolyKlyan

L’organisateur s’est évaporé avant l’attaque:

Suite à ces événements, personne ne s’est demandé si l’organisateur de l’expédition « pacifiste » nocturne était présent dans le minibus martyr. Jemal ne l’a pas aperçu… et Russia Today ne mentionne pas son nom, mais dispose des vidéos montrant les participants, relativement peu nombreux, mais pas de Gyurza.

Jemal’s account does not indicate where “negotiator” Gyurza was during the gunfire. His claim that everything had already been arranged holds no water. The Ukrainian troops would scarcely have opened fire on a minibus that carried their mothers.

Petit bénéfice, pour beaucoup d’efforts déployés: la machine propagandiste titre « Les derniers moments du cameraman« .

La machine kagébiste de Sergueï Lavrov jusqu’à Gyurza, Borodaï, et les [faux] journalistes de LifeNews planqués dans les fourrés; espéraient communiquer sur un autre genre de « matériel sensationnel » [selon Gyurza], celui qui résulte de leurs propres méthodes terroristes: que l’armée ukrainienne pulvérise le minibus avec des munitions de gros calibre comme celles dont Gyurza mentionnait l’existence à Spartak, avant l’expédition. L’internationale propagandiste aurait pu communiquer sur des images de morceaux de mères ukrainiennes et journalistes russes déchiquetés par « les missiles de la junte fasciste de Kiev« .

Les organisateurs ont pris soin de se mettre à l’écart des victimes sélectionnées à l’avance pour l’opération, qui selon le plan auraient pu subir des tirs de roquettes anti-char ou de grenades. C’était bien ça l’objectif de l’opération de diversion. Elle a été planifiée quelque part, où est assurée la coordination des acteurs impliqués qui communiquent de manière synchronisée à tous les échelons de la hiérarchie kagébiste: du terrain (LifeNews) au porte parole du Kremlin. La tactique consiste à infléchir le cours des événements en faveur d’une communication souhaitée à l’avance, et réajustée selon les besoins. Le clan Poutine souhaite provoquer des occasions de pouvoir communiquer contre ses ennemis, en dénonçant des crimes similaires aux siens que ses ennemis dénoncent quotidiennement en Ukraine [03] et en Syrie [04]. Il n’y pas besoin d’inventer des opérations de diversion pour dénoncer la terreur imposée par les mercenaires d’Assad et de Poutine.

KGB: radicalisation.

L’ancien conseiller économique de Poutine met en garde le monde libre contre les mesures radicales que ce Régime est prêt à engager pour se rapprocher de ses objectifs politiques: Poutine a affirmé que les civils, et particulièrement « femmes et enfants représentent une force militaire effective« , « laissons les ukrainiens tirer sur leurs propres enfants« . Comme les ukrainiens ne le font pas, les russes s’en chargent, suivant des ordres comme en Syrie. Et lorsqu’ils ont produit les victimes civiles souhaitées, ils communiquent pour accuser leur ennemi. KGB compte ensuite sur les millions de petits relais des rumeurs polyglottes, pour tenter d’effacer l’actualité et l’Histoire, et gagner le rapport de force diplomatique ou militaire engagé. La détermination du KGB laisse supposer que l’Ukraine sera détruite comme la Syrie, mais pas abandonnée par Poutine.

Former Putin economics advisor, Andrei Illarionov, warned in March that Vladimir Putin would not hesitate to kill innocent civilians for propaganda gain in his war against Ukraine. His minions appear to have done so in this case. Russian analyst, Yuliya Latynina, also foretold Putin’s New Kind of War that designates women and children as “an important military force.” As Putin himself suggested in his March 4 press conference, “Let them [the Ukrainian forces] try to shoot at their own children.” In an earlier blog post, I presented evidence that the Easter Sunday massacre of unarmed civilians manning a road block was the work of Russian special forces. This piece was attacked furiously by Putin’s trolls, which shows it hit a very sore spot.

Putin’s propagandists must still be celebrating the Channel One reporter’s death. Their only regret is that one of the mothers was not the victim.

Cette tragédie intervient quelques heures après l’expiration du Cessez-le-feu de quelques jours négocié par le gouvernement de Kiev. Cette trêve avait été régulièrement rompue par les provocations russes. Il resterait 15000 combattants russes dans le Donbass.


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Sources, publiées le 2 juillet 2014:

L’activiste Halya Coynash Права Людини в Україні, Інформаційний портал Харківської правозахисної групи: Sent to be shot.

Paul Roderick Gregory, Forbes: Russian Separatists Trick Journalists And Mothers Into The Line Of Fire.



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Notes:

[01] LifeNews est une chaîne de propagande de guerre crée pour promouvoir la conquête de l’Ukraine. Elle fourni des images de terrains aux grandes chaines de diffusion comme Russia Today. Des images filmées à point, toujours immédiatement après des provocations russes que la désinformation doit attribuer à « la junte fasciste de Kiev« ; selon l’exact modèle appliqué en Syrie pour les massacres organisés depuis 2012 (liens 01, 02, 03, 04, 05…), dont ceux à caractère politique impliquant des égorgeurs russes financés par un iranien.

[02] propagande:rt.com/news/169304-russian-cameraman-last-video/

[03] Région de Lougansk. Photographies de journalistes russes présents sur place immédiatement après un massacre dans un village, par les bombardements russes.

La propagande russe a accusé l’aviation ukrainienne mais celle-ci n’a pas effectué de raid dans cette zone, rapporte inforesist.org qui ajoute d’autres photos et vidéos du massacre (certains artilleurs de Poutine semblent parfaitement synchronisés avec la désinformation utile au Régime, un peu comme chez Assad et Kadhafi).

[04]

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