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Au Liban, la Syrie relance la vague des assassinats politiques.

2012/04/17

Par Jacques Benillouche, 13 avril 2012:

Au Liban, la Syrie mène toujours le jeu

Bachar al-Assad ne peut se permettre de voir le Liban lui échapper et vient de relancer la vague des assassinats politiques.

La Syrie semble renouer avec les assassinats politiques tandis que le TSL (Tribunal spécial pour le Liban) n’a pas encore rendu ses conclusions sur l’attentat contre le Premier ministre Rafik Hariri. La révolution intérieure n’a pas désarmé les officines occultes qui agissent impunément au Liban pour s’attaquer à ceux qui s’opposent à l’hégémonie syrienne dans le pays. Bachar al-Assad ne se contente pas de lancer ses hommes sur les traces de son opposition mais aussi sur les hommes politiques libanais qui ont le courage de contester ses capacités de nuisance au Liban.

Méthodes syriennes

Le 4 avril, le chef du parti chrétien des Forces Libanaises, Samir Geagea, a échappé à un attentat. Le modus operandi s’apparente aux méthodes des services de renseignements syriens qui utilisent des tueurs professionnels disposant d’une logistique militaire et de relais locaux leur permettant de s’évanouir dans la nature, sitôt leur forfait accompli.

Nate Wright et James Hider dans le Times du 26 janvier dernier, évoquaient les activités des renseignements militaires syriens au Liban: « General Rustum Ghazali*, who once headed Syrian military intelligence inside Lebanon, and who was questioned by the UN in connection with the assassination of the former Lebanese Prime Minister Rafiq Hariri.« .

La Syrie avait pourtant réussi, par la menace et la contrainte, à mater les chrétiens et, à leur tête, le chef de l’Eglise maronite, le Patriarche Béchara Raï, qui s’était compromis avec les chiites et le Hezbollah. Il avait été reçu en septembre 2011 à Baalbek, zone contrôlée par le Hezbollah, par des miliciens qui arboraient les portraits de Bachar al-Assad et de Nasrallah.

La communauté maronite avait peu apprécié les accointances de leur patriarche avec des éléments «ennemis»au moment où la région subissait le feu des troupes syriennes. Une grande partie de la communauté chrétienne s’était désolidarisée de son chef. Le Vatican n’avait pas non plus apprécié cet écart dans les déclarations du patriarche favorables au régime syrien et à ses alliés du Hezbollah. Il l’aurait d’ailleurs sanctionné par le report de sa nomination au rang de Cardinal.

Les Libanais étaient conscients que la Syrie n’avait pas renoncé aux éliminations physiques; le patriarche lui-même avait reçu des menaces s’il ne se soumettait pas. Des membres de l’opposition syrienne ont confirmé la volonté du régime de faire taire les personnalités agissant pour que le Liban se débarrasse de la tutelle syrienne et retrouve son autonomie. C’est d’ailleurs la raison qui a poussé Saad Hariri, ancien Premier ministre, à s’exiler à Paris. Rares sont aujourd’hui les chrétiens qui osent affronter Bachar al-Assad. Le seul qui avait la stature et la crédibilité pour le faire, le général Michel Aoun, est passé avec armes et bagages dans le camp syrien, faisant de lui le Pétain libanais.

Seul opposant

Samir Geagea, l’opposant historique à la Syrie, se savait en danger et avait décidé de limiter ses déplacements. Il avait d’ailleurs refusé d’assister à la messe annuelle célébrant l’anniversaire de la mort de Bachir Gemayel assassiné par Habib Chartouni, membre du Parti syrien national. La soumission du général Aoun aux thèses syriennes ont fait de Geagea l’ennemi public numéro un doté d’un contrat sur sa tête.

[…]

Les complicités locales sont certaines et certains chrétiens avaient déjà mis en garde leurs amis du danger de louer certains appartements de la zone chrétienne à des complices du Hezbollah qui y stocke armes et munitions en prévision d’un soulèvement islamiste contre les chrétiens, chapeauté par Hassan Nasrallah.

Cette tentative d’assassinat va exacerber les tensions communautaires susceptibles de conduire à une nouvelle guerre civile que le Hezbollah appelle de ses vœux pour intervenir en sauveur de la situation. Sa mort aurait entraîné une explosion de violence et des représailles sanglantes qui auraient servi Bachar al-Assad. La main de l’Iran n’est pas étrangère à cet acte qui aurait pour résultat de soulager son allié syrien.

[… Lire la suite sur slate.fr]

/

Images issues d’une vidéo de propagande bachariste montrant Michel Aoun et le patriarche Bechara Raï, impliqués dans l’activité propagandiste du régime aux côté de mère Agnès Mariam de la Croix, Thierry Meyssan (aussi employé par le Hezbollah) et son réseau francophone de diffusion. Voir aussi Le PSNS accusé de subversion et provocation au Liban en 2005, Issa El-Ayoubi, vice-président du Réseau Voltaire et cadre du PSNS (thierry Meyssan est président du Réseau Voltaire), et PSNS, “Grande Syrie” et subversion:

[…] Deux militants du PSNS: Habib Chartouni et Nabil Alam, tous deux suspectés d’avoir été les exécutants de l’assassinat de l’ancien Président élu de la République, Bachir Gemayel, le 14 septembre 1982 et de 26 civils. Habib Chartouni a été emprisonné puis libéré en 1990 par l’armée syrienne entrée au Liban pour destituer le général Aoun […] Deux jours avant les massacres de Sabra et Chatila, une bombe explose sous le quartier général phalangiste, tuant Bashir Gemayel et 60 de ses partisans. Habib Chartouni, militant du PSNS, est suspecté et emprisonné jusqu’à sa libération par les forces armées syriennes en 1990 […]

/

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