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Clash à France Inter: Marine Le Pen tente en vain de diffuser la désinformation d’al-Assad

2012/01/29

Article du Point avec une vidéo de l’intervention de Marine Le Pen sur France inter:

REGARDEZ. Clash entre Marine Le Pen et France Inter par .

Publié le 25/01/2012:

Titillée par les journalistes de France Inter sur la Syrie, la leader du Front national s’est emportée en studio et en coulisse.

Entretien musclé ce matin sur France Inter alors que Marine Le Pen était l’invitée de Patrick Cohen. Marine Le Pen est sortie en colère et l’a fait savoir dans les couloirs. Elle était, du reste, suivie par une équipe de la TSR (Télévision suisse romande), d’où le fait qu’elle se soit attardée dans les couloirs de la station. Elle était tellement fâchée qu’elle a repris des mains du journaliste Thomas Legrand le livre-programme qui va bientôt paraître et qu’elle lui avait précédemment donné avant l’émission. « Rendez-le-moi ! » lui disait-elle tandis qu’il protestait pour le lire… Marine Le Pen est repartie avec l’ouvrage

On a cependant évité le pire en échappant au face-à-face avec Sofia Aram compte tenu des précédents contentieux. La veille de l’entretien, Patrick Cohen avait pris soin d’informer l’entourage de la candidate sur la possibilité pour elle de sortir du studio avant la chronique de Sophia Aram. Néanmoins, les deux femmes se sont croisées et Marine Le Pen eut cette exclamation : « Voilà la chef des bobos ! »

Des questions « dans un Carambar »

La joute verbale, qui a provoqué un débord du temps d’antenne, a porté principalement sur la Syrie lorsque le chroniqueur Bernard Guetta a interrogé la candidate sur le fait qu’elle était à peu près la seule, avec Vladimir Poutine, à défendre le régime de Bachar el-Assad. Étonnement de Marine Le Pen : « Vous avez lu ça où, dans un Carambar ? » La caméra ne montre pas le visage de Bernard Guetta, mais on entend sa consternation. Patrick Cohen appuie la question de son confrère en citant précisément sa source : « Laissons Bachar el-Assad procéder aux réformes nécessaires, dites-vous. » Cohen s’appuie sur un entretien que Marine Le Pen a accordé à La Revue, un mensuel dirigé par François Soudan et dont elle fait la couverture. La Revue n’est pas encore paru, Patrick Cohen l’ayant eu un peu avant.

Marine Le Pen livre le fond de sa pensée à propos du régime syrien : « Je suis contre une intervention armée telle qu’elle se profile. » Bernard Guetta réagit : « Personne ne la propose. » S’ensuit tout un échange sur qui sont « les gentils » et qui sont « les méchants » en Syrie. Marine Le Pen est chatouillée sur sa proximité avec Frédéric Chatillon, un ancien responsable du GUD, dont les journalistes pointent les sympathies pro-Assad. La présidente du Front national s’en défend et explique qu’il n’est qu’un simple prestataire de services dont elle n’est pas comptable. Le mot « diffamation », lourd de menace judiciaire, est lâché à l’encontre de Patrick Cohen…

Agacée en fin d’entretien, elle conclut en délégitimant le questionnement sur la Syrie et son entourage : « Nous sommes ici à France Inter et le niveau des questions, honnêtement, que vous posez et l’intérêt que vous avez pour des choses qui sont juste dérisoires démontrent qu’effectivement vous participez de cette élite qui est complètement déconnectée de la réalité et des préoccupations des Français. » « Quand on est candidat à la présidence de la République, la politique étrangère fait partie des sujets importants », rétorque Patrick Cohen, contacté par Le Point.

/

Bernard Guetta à 9:15:

Pourquoi défendez vous seule à peu près avec Vladimir Poutine, le régime syrien de Bachar el-Assad que condamnent tous les pays arabes, la population syrienne, les pays européens, les Etats-Unis, les organisations de défense des droits de l’homme…

MLP:

Vous avez lu que je soutenais?

Bernard Guetta:

que vous défendez j’ai dis…

MLP 9:58:

Non je ne crois pas que ce soit une erreur d’analyse je suis contre une intervention armée telle qu’elle se profile…

BG:

Personne ne la propose! Madame Le Pen personne ne la propose!

MLP:

Ah bon mais que propose-t-on alors?

Elle devrait être au courant des efforts de la Ligue arabe pour faire adopter des sanctions à l’ONU et faire voter un plan de départ de Bachar al-Assad. Tout le monde était au courant le 25 janvier… Elle cherche à faire croire à l’auditeur que l’Occident, les USA, l’OTAN ou « Sarkozy » preparent une attaque de la Syrie [d’Assad] et travaillent à sa destabilisation. Il s’agit bien dans l’idée, de la réplique exacte de la desinformation du Regime syrien et ses alliés.

MLP à 11’00:

Tout le monde dit qu’il faut que « ça » se fasse sous l’ONU et pas sous l’OTAN?

J’pense qu’y a des gens qui espèrent faire comme en Libye, c’est à dire aller apporter la démocratie au bout des missiles de l’OTAN.

Cette courte phrase est très lourde de sens, un véritable condensé de toute la propagande pro- al-Assad & co et la propagande de Kadhafi dans de nombreuses langues. Marine Le Pen doit se désinformer du côté des propagandistes des dictateurs et leurs relais conspirationnistes, ou du côté de son conseiller Frédéric Chatillon, à moins qu’elle ne se désinforme dans les poubelles débordantes du web conspirationniste et propagandiste animé par Thierry Meyssan pour répéter mot à mot une propagande si grossière.: c’est à dire la propagande de guerre de Muammar Kadhafi et Bachar al-Assad, la dictature iranienne et le Hezbollah, Hugo Chavez et la chaîne de désinformation RussiaToday (imitation kagébiste de CNN). Si c’est le cas, il est logique qu’elle soit autant complice, ou à côté de la plaque [1]. Il est logique aussi que la campagne présidentielle de Marine le Pen soit appuyée par Russia Today, la chaîne conspirationniste du Kremlin.

Marine le Pen souhaite aussi que la France rompe son partenariat stratégique avec l’OTAN et les USA et se tourne vers une coopération stratégique avec la Russie dans « l’intérêt de la France« . Elle annonçait ce projet sur Radio France le 27 novembre 2011 (à 37’00). Sans oublier au passage de déconstruire l’Europe. Le problème est que son projet ne propose pas un rapprochement avec la Russie mais avec le système Poutine et par conséquent ses alliés (Syrie-Iran et leurs vassaux, en 2011 on pouvait ajouter Kadhafi à cette liste). A ce sujet, le numéro de janvier 2012 du Courrier de l’Atlas publiait un article de Yann Barte titré Marine Le Pen, soutien des dictatures.

La démocratie n’a donc pas été « apportée » [ de l’extérieur] en Libye et encore moins « au bout des missiles de l’OTAN« . Elle a été demandée de l’intérieur, jusqu’au fond des campagnes, les témoignages de libyens ne manquent pas sur internet. Marine Le Pen ne propose pas ici une analyse de politique internationale puisqu’elle se contente de minimiser les dynamiques populaires pour les attribuer à un hypothétique envahisseur étranger. Elle répéte mot à mot des mythes provocateurs: les « mesures actives » de la désinformation d’Al-Assad et ses alliés. En voici trois exemples dans ses courtes phrases:

– accusations de sédition des opposants [2]: qui serviraient un complot manigancé par l’étranger,

– mythe de l’impérialisme humanitaire (ou du continuum colonial) [3], ou retour du colonialisme occidental britannique, francais, ou plus largement anglo-saxon, et qatari,

– provocation à la haine communautaire [4] contre l’Islam et diabolisation de l’OTAN.

MLP à 11’05:

Ce que je dis c’est que « dans ces pays » [lesquels?] les gentils ne sont pas toujours aussi gentils qu’on le pense et j’pense qu’on devrait quand meme tirer aussi, les leçons de la Libye […]

Mais il y a un certain nombre de groupes fondamentalistes qui une fois de plus sont soutenus par le Qatar qui joue un double jeu éminemment critiquable comme il l’a fait en Libye […]

Certes, on peut critiquer cette dernière influence politique, mais concernant la Libye en vérité, il s’agissait de survivre aux missiles Grad de Kadhafi qui représentaient le principal danger pour les populations civiles. Et en Syrie, le scénario est le même: les « réformes de Bachar el-Assad » qu’espère Marine Le Pen proposent pour l’instant une chimérique démocratie au bout de missiles russes (pas ceux de l’OTAN), les mêmes qu’utilisait Kadhafi contre les villes, les centres de ravitaillement, les hopitaux de fortune…

Dans une vidéo syrienne [5] mise en ligne au lendemain de l’interview de Marine Le Pen, les habitants de Homs découvrent une famille massacrée par des tirs de missiles de l’armee d’Assad, on peut lire en sous titre français à 0’30: «  Ils sont tous des enfants. Où est la Ligue Arabe? Ils ont lancé des missiles sur le quartier. Regardez cette petite fille elle a été égorgée, regardez. C’est tout un cadeau pour la Ligue arabe regardez leurs crimes! C’est un cadeau pour le Cheikh Albouti. Des familles entières ont été massacrées Regardez! Des femmes tuées. Ces femmes étaient-elles armées? Regardez c’est un enfant que Dieu te maudisse Bachar […] Tous les membres de cette famille ont été liquidés, il ne reste que cette fille, la seule survivante« . Voilà quelques questions à poser à Marine Le Pen: Ces femmes étaient-elles des fondamentalistes qatari ou étaient-elles des civiles tuées par des fondamentalistes qatari, d’ailleurs invisibles depuis 1 an? Oubien s’agit-il de missiles de l’armée syrienne libre manipulée par des mercenaires qatari? Les missiles sont-ils livrés par l’OTAN? Les reformes d’al Assad sont-elles démocratiques, sont-elles souhaitées par les syriens? « Entre 40 000 et 50 000 » soldats, officiers et citoyens armés volontaires forment désormais l’Armée syrienne libre (ASL) fin janvier 2012. Voici une vidéo d’une foule en liesse [6], accueillant des déserteurs de l’armée syrienne et non pas des agents fondamentalistes [terroristes?] qatari dont parle Marine Le Pen. La vidéo est éloquente, il s’agit bien de déserteurs l’armée syrienne. Ils montrent d’ailleurs leur carte comme dans toutes les vidéos de déserteurs qui rejoignent l’armée syrienne libre. Certaines forces militaires étrangères sont bien actives sur le territoire syrien, elles sont nombreuses (mais pas qatari), et au contraire ce sont même les alliés des employeurs de Frédéric Chatillon dont il sera question plus bas dans l’interview de France Inter: des miliciens étrangers libanais du Hezbollah, et iraniens des gardiens de la révolution dénoncés par les syriens (donc pas par les médias dits « occidentaux » ou « mainstream », les syriens eux même!), et depuis le mois de mai 2011!

Ironie du sort, un lieutenant de l’Armée Syrienne Libre (ASL), Abderrazzak Tlass s’exprime dans une vidéo mise en ligne le 26 janvier, il est un neveu du général Mustapha Tlass. Ce dernier a été un employeur de Frédéric Chatillon (conseiller de Marine Le Pen) et de la galaxie propagandiste pro-Assad francophone: Thierry Meyssan, Dieudonné etc. Frédéric Chatillon a travaille avec le général Mustapha Tlass depuis 1994 (ministre de la defense a l’epoque des massacres de Hama en 1982) dans une entreprise de désinformation et de radicalisation des masses. Le fils du général (Manaff Tlass) est ami de Frédéric Chatillon, Dieudonné et Thierry Meyssan: Manaf Tlass commande un régiment de la Gardes républicaine qui « ont ouvert le feu sur des manifestants à Abasyeen Square tuant un montant non divulgué de personnes” en 2011. ( Photo de la bande des trois propagandistes et des deux Tlass dans un restaurant à Beyrouth en 2006.). La brigade de l’ASL qui a capturé récemment les 7 agents iraniens (décembre 2011), a mis en ligne une vidéo qui montre les passeports de ses otages, Abderrazzak Tlass s’excuserait presque auprès du « Guide suprême de la république islamique d’Iran en lui demandant de retirer ses mercenaires. Une photo d’Abderrazzak Tlass et ses otages iraniens a été publiée début janvier 2012 par Paris Match. Et au même moment une autre photo issue de l’agence de propagande iranienne IRNA, de « 7 ingénieurs iraniens kidnappés » a été mise en ligne sur … infosyrie.fr, le site de désinformation de la dictature syrienne en français, crée en juin 2011 avec la participation de Frédéric Chatillon. Le lieutenant Abderrazk contredit donc Marine Le Pen au sujet des « agents étrangers » qui tentent défendre leurs intérets en Syrie, et au sujet du mobile de la révolution, il précise bien le 26 janvier (vidéo du lien précédent à 1’16):«  Nous ne sommes pas communautaristes, nous ne prêchons pas le communautarisme et nous ne sommes pas contre nos frêres chiites.« 

Et pourtant le site de désinformation infosyrie.fr de l’ami de Mme Le Pen titre sans complexe:

Rapt idéologique anti-iranien (et même anti-chiite)« 

Et diffuse la photo d’IRNA mentionnée plus haut, montrant les faux ingénieurs.

Rien qu’aujourd’hui le 29 janvier a eu lieu le massacre de 25 ouvriers agricoles par l’armée à Shizer, dans la campagne d’Hama; ils ont été hachés avec des munitions d’armes lourdes (armée). L’armée bombarde aussi Hama, la banlieue de Damas et Homs, et bombarde même les murs de l’antique citadelle de Madeeq. Pour l’instant, et comme chaque jours, il ne s’agit pas de fondamentalistes religieux armés par le Qatar mais de l’armée syrienne et ses propres munitions qui provoquent l’insécurité et déstabilisent la société syrienne. D’ailleurs parmi les trois dizaines de milliers de vidéos mises en ligne par les syriens à ce jour,  il n’y a toujours pas de trace des combattants fondamentalistes musulmans à la solde du Qatar dont parle Marine Le Pen, sauf peut être dans les macabres mises en scènes « staliniennes » d' »aveux » télévisés d' »agents provocateurs étrangers ».

Questions à Marine Le Pen sur son ami Frédéric Chatillon:

France Inter à 12’00: « Il y a dans votre entourage quelques pro-syriens notamment Frédéric Chatillon, fondateur du GUD [en fait ancien leader du GUD] qui est votre ami, vous le revendiquez et qui participe à votre campagne et qui est un propagandiste notoire du régime syrien, du régime de Bachar el-Assad, et qui a fondé une agence dont l’un des principaux clients est le régime de Damas. »

MLP à 12’40:

Mais en l’occurrence vous vous trompez […] puisqu’il faisait les campagnes publicitaires pour le tourisme syrien […] Mais dites moi, l’Etat syrien était bien ami et avait des relations extrêmement aimables avec le gouvernement français à l’époque […]

France Inter: « Il a juste assassiné un de nos ambassadeurs!« .

Louis Delamarre. Qui s’en souvient ?

MLP

Nan mais d’accord Monsieur […] avec Monsieur Kadhafi avec monsieur…

De plus, les relations entre la dictature syrienne et la France ont rarement été aimables, comme envers Kadhafi d’ailleurs. La France n’a jamais été l’un des soutiens diplomatiques les plus influents en faveur de ces dictatures, au contraire! Et la France ne s’est pas lancée dans une campagne de désinformation et radicalisation des masses au profit et au service de la dictature syrienne et Kadhafiste contrairement à Frédéric Chatillon. Marine Le Pen essaie donc de tordre la réalité dans le sens de la désinformation qui instrumentalise beaucoup cette supposée complicité de la France avec Kadhafi et al-Assad, alors que leurs principaux complices sont connus, et parmi eux, certains que defend Marine Le Pen, comme le systeme Poutine. Sa réponse populiste (un autre appât)  permet de faire oublier la question concernant le rôle de son conseiller et sa collaboration avec le système de désinformation de la dictature, et donc les liens financiers et idéologiques qui les unissent depuis 1994.

13’40:

Et vous reprochez à un de mes prestataires de service, nan mais ça devient juste délirant si vous voulez… un de mes prestataires de service d’avoir travaillé pour la Syrie? Quand on sait que […] on a vendu le système informatique pour surveiller leurs opposants hein? […]

Ce dernier argument sonne comme la dernière munition de Le Pen pour esquiver la question de son alignement sur la propagande d’Al-Assad et Kadhafi. Cet argument fait partie aussi des grands thèmes de communication de leur subversion à l’étranger utilisée comme dans l’exemple précédent par la plupart des diffuseurs de désinformation: renvoyer la balle à l’envoyeur. Les activistes syriens, comme les libyens savent prendre leurs précautions pour contourner les systèmes de surveillance des communications. L’histoire de Niz Mhani à Tripoli le montre bien [7], il décrit son matériel de transmission et de connections au réseau internet dans l’interview qu’il accorda à Andrew Gilligan de The Telegraph, le 04 Sep 2011 Libya: from Cardiff dentist to rebel controller. Dans les faits les centres de renseignement libyens ont été très souvent attaqués par l’OTAN afin de neutraliser leurs moyens.

Bien plus qu’un « prestataire de services », Marine Le Pen et Frédéric Chatillon sont amis depuis les années de Fac. C’est à dire depuis plus longtemps que l’implication de celui ci dans le système de désinformation syrien et de propagande antisioniste. L’activité d’infosyrie.fr et de Frédéric Chatillon dans la propagande d’al-Assad en langue française ne consiste donc pas en un travail de « publicités pour le tourisme » comme voudrait le faire croire Marine Le Pen à ceux qui voudraient bien l’entendre. Son job consiste à diffuser des mensonges pour blanchir les crimes des shabihas d’al Assad, en entretenant la haine à l’encontre des adversaires de la dictature. La soit disant influence de l’émir du Qatar est aussi systématiquement dénoncée dans les manifestations de soutien à la dictature auxquelles participent Frédéric Chatillon, le « graphiste » de Marine Le Pen et du Regime syrien, et le rédacteur d’infosyrie.fr: Louis Denghien, qui est aussi rédacteur au réseau Voltaire de Thierry Meyssan, le célèbre organe de propagande des dictateurs. On peut aussi croiser à ces « manifestations »  la propagandiste antisémite pro-Kadhafi: Ginette Skandrani, le propagandiste Pierre Hillard si populaire dans la fachosphère francophone… et surement d’autres. Thierry Meyssan l’ami de Frédéric Chatillon, est le chef d’orchestre de la communication des dictatures. Il décrivait en mai 2011 ce supposé complot saoudien et qatari: la Contre-révolution de Thierry Meyssan. Des photos montrent Chatillon, Meyssan, Ahmed Moualek, Dieudonné, Alain Soral, Marc Georges lors de leur voyage au Liban et en Syrie en 2006, en compagnie de Michel Aoun. Cette délégation française a été reçue à Beyrouth par Ali Qanso, leader du Parti national socialiste syrien (PSNS).

Le site de désinformation infosyrie.fr:

Le site d’information anti-fasciste  REFLEXes publiait le 24 août 2011 Le chemin de Damas de Monsieur C., il notait: «  […] A priori rien d’étonnant : ce courant de l’extrême droite nationaliste et ses compagnons de route se sont fait une spécialité de ce type de dénonciation, de la Libye à la Côte d’Ivoire.

Pour les mêmes raisons, il n’est donc guère surprenant de retrouver derrière ce site l’inévitable Frédéric Chatillon.

Ce n’est en effet pas la première fois que nous sommes amenés à évoquer ce tropisme chatillonesque pour le pays des Alaouites et le Proche-Orient en général. Ce fut le cas il y a quelques années à propos d’un curieux montage politico-policier. Mais cet intérêt a connu depuis quelques années un regain de vitalité dont l’administration du site Info-Syrie n’est qu’une énième manifestation et qui mélange comme toujours affinités politiques et intérêts commerciaux bien compris.« 

La propagande de Marine Le Pen est dénoncée aussi par le site d’opposition syrien infodelasyrie.fr qui est aussi l’auteur de ce montage photo avec Frédéric Chatillon à droite de l’image:

L’image au centre est extraite d’une vidéo filmée par les manifestants pris sous les tirs de l’armée. Cette scène (parmi des milliers d’autres) date du mois de mai 2011, au moment de la création du site de désinformation infosyrie.fr.

Faire croire que la démocratie a été imposée de l’extérieur du « bout des missiles de l’OTAN » est du révisionnisme. Un certain public répond au quart de tour et relais sous de mutiples formes ce message insidieux: le populisme dont Marine Le Pen nous donne un bel exemple ici, au delà de l’extrême droite, de la satyre, des points de vue prétendus alternatifs ou « de gauche » qui n’en sont pas, ou des slogans alarmistes. Le révisionnisme se construit lentement par un dialogue entre des provocateurs, des opportunistes, et le grand public. Cette complicité populaire permet à ces faux débats de s’auto-entretenir en roue libre; au bénéfice in fine de ce gang de dictateurs qui renforce ainsi un peu plus ses positions sur le terrain idéologique d’abord, et stratégique ensuite grace à l’indiference ou à la complicité du public étranger, ayant etouffé les sentiments d’hostilité de ce public à l’egard de ces dictatures.

Les médias ne réagissent pas toujours contre ces mensonges « bien formulés », ou même quelquefois diffusent naïvement cette subversion en répétant des mots choisis, mais dangeureux. Les porte voix des dictateurs disent ensuite: « vous voyez? même les médias « mainstream » le disent« . Marine Le Pen a donc tenté sa chance en accusant l’Armée Syrienne libre (ASL) d’être manipulée par des provocateurs fondamentalistes étrangers, et financés par le Qatar… en vain.

On peut féliciter la réactivité immédiate de Patrick Cohen et bernard Guetta de France Inter à chaque fois que Marine le Pen a tenté de véhiculer la désinformation d’Al-Assad.

.

Notes:

[1] L’OTAN n’a pas apporté la démocratie mais un blocus maritime qui a permis la survie de Misrata assiégée et bombardée sans répit par les kadhafistes et leurs missiles russes (Grad), mines antichar chinoises à sous-munition, les obus russes des chars russes, les puissants tirs de fusils de sniper Dragunov russes. Les appareils russes de l’aviation ont été rapidement anéantis par l’OTAN. Mais 36 jets militaires russes seront prochainement livrés à la dictature d’Al-Assad qui a déjà en moins d’un an hébergé dans la base de Tartous (bientôt russe) une flotte militaire russe et deux navires de guerre iraniens. Les « missiles de l’OTAN » cités par Marine Le Pen n’avaient pas pour but d’apporter la démocratie mais un appuis aérien aux combattants civils libyens sur le terrain qui faisaient reculer le front kadhafiste avec difficulté. Toutes les victimes civiles de cette guerre sont dues à l’armée de Kadhafi. Elle use donc de l’expression « missiles de l’OTAN » pour provoquer un stimulus dans l’esprit des auditeurs envieux, stimulant la haine pour les faire basculer vers la désinformation des dictatures, en sachant que cette entreprise de subversion [exercée par des dictatures] travaille les opinions publiques occidentales depuis de très nombreuses années, bien avant les révoltes contre ces mêmes dictatures.

[2] Les accusations de sédition et le mythe des révolutions colorées: Dans ces mythes entretenus par la propagande de l’axe Damas-Téhéran et leurs alliés, les opposants seraient les instrument de puissances étrangères cherchant à déstabiliser le pays. En l’occurrence dans la propagande qui défend Bachar el-Assad il s’agirait du Qatar car la chaîne al-Jazeera est devenue soudainement la principale chaîne d’information en arabe sur la guerre de Libye et la répression brutale en Syrie au printemps 2011. Beaucoup de médias arabes étant accusés de passivité, voire de complicité par le public syrien et arabe. Au printemps 2011 les accusations de la propagande étaient aussi portées contre la famille royale saoudienne et la famille de Rafic Hariri le 1er ministre libanais assassiné avec 22 personnes en 2005 ( La Syrie et Hezbollah ont été suspectés par les enquêteurs de l’ONU). Et bien sûr, inévitablement dans cette propagande, les accusations d’ingérence étaient aussi adressées contre les USA et Israël: des « leviers federateurs d’opnion ». Plus récemment, les propagandistes et leurs réseaux de diffusion commencaient à accuser des « éléments turcs« .

Si Marine Le Pen se contente de citer le Qatar, cette cible n’est que le sommet de l’Iceberg du discours de la désinformation du régime. C’est la cible la plus connue du grand public, elle lance un appât à la radio pour rallier les auditeurs à la cause de la dictature; oubien pour les rallier à sa propre cause, profitant d’un élan populaire qui diffuse à grande échelle cette désinformation. A moins que comme Frédéric Chatilllon, elle n’ait des engagements à tenir?

Le faux « argument » de sédition, une autre mesure active omniprésente dans les manifestations pro-dictatures de 2011 en faveur de Kadhafi et Al-Assad. Il se manifeste sous différentes formes: mythe du complot des médias professionnels, mythe du complot étranger toujours occidental et sioniste, mythe du complot islamiste ou arabe… Ce faux argument de sédition était déjà avancé par les partisans d’Ahmadinejad en 2009 et relayé par la comploshère mondiale et polyglotte, il s’agit d’ailleurs d’un mot employé par la dictature pour condamner les opposants, ou simplement les personnes ayant un discours gênant pour le pouvoir, autrement dit condamner les démocrates et les progressistes. Toute subversion des dictatures depuis des années profite largement des réseaux de diffusion des extreme-droites mondiales, des énormes réseaux de faux nez prétendus anti-impérialistes, ou de réseaux de faux amis qui ont comme fond de commerce une prétendue défense de la Palestine à travers la défense de l’influence iranienne à Gaza et au Liban, des réseaux de soutiens aux dictatures affichés mais moins nombreux que les précédents (déguisés), des réseaux révisionnistes (aussi nommés conspirationnistes), et ceux parmi ces derniers qui « doutent » de la réalité des attentats du 11 septembre 2001 (ce sont les plus nombreux), ou de divers réseaux confessionalistes, identitaires ou militants comme les indignés français ou quelques tentatives d’incrustation chez « occupy WallStreet » ou Anonymous.

[3] Le mythe de l’impérialisme humanitaire et mythe du continuum colonial. Cette désinformation très populaire consiste à:

– Faire croire que les victimes civiles provoquées par les bombardements de l’armée kadhafiste, la terreur et les exécutions, seraient des victimes de l’OTAN, et blanchir ainsi l’armée kadhafiste qui est responsable de toutes les victimes. Et en tant de guerre c’est encourager les soutiens diplomatiques et populaire à l’armée du milliardaire qui a pris en otage la Libye pendant 40 ans. Cette mécanique permet de dégrader l’image de l’OTAN ainsi, on jette un discrédit sur les libyens qui ont été les vrais acteurs de cette défense contre l’armée du dictateur milliardaire.

– Faire croire que les libyens n’ont pas demandé la démocratie et qu’elle leur a été apportée par un agent exterieur et violent. Les libyens ont demandé des réformes le 17 février, suite aux massacres qui ont été immédiats (y compris les attaques de l’aviation contre les manifestants) ils ont demandé le départ immédiat du dictateur. La démocratie, ils en ont parlé dès qu’ils ont bénéficié d’un soutien diplomatique et militaire extérieur, c’est à dire une quinzaine de jours après le 17 février. Cette demande était donc très précoce et antérieure à l’engagement de la coalition étrangère le 19 mars. Je journaliste démocrate Mohammed Nabbous a été assassiné par les kadhafistes à Benghazi au lendemain du vote de la résolution 1973 de l’ONU, c’est à dire le premier jour de l’attaque franco britannique le 19 mars. Il est à l’origine de 1ère chaine de télévision libre et indépendante Libya AlHurra. Il n’est qu’un exemple célèbre parmi d’innombrables acteurs de demandes démocratiques intérieures. On pourrait aussi citer Niz-FGM évoqué plus bas dans l’article, et les innombrables activistes qui mettent en ligne et partagent les informations de terrain, et l’information concernant l’évolution de la situation diplomatique.

[4] Autres mesures actives de la désinformation d’al-Assad: mythe du complot anti-syrie, mythe du complot Sudaïri, le mythe du péril islamiste.

[5]

http://www.youtube.com/watch?v=C0rYnogM17E&feature=endscreen&NR=1&bpctr=1352660497

[6]

[7] Il y a eu des traques contre les activistes, notamment celle du porte parole de la résistance tripolitaine Niz-FGM coordinateur du Free Generation Movement de Tripoli, seul porte parole de la résistance anti-Kadhafi pendant les six mois du brouillard de guerre tripolitain. Lui et son équipe ont été traqués fin juillet et avaient disparu du réseau un mois avant l’insurrection de Tripoli. Deux de ses associés ont été arrêtés, son cousin est mort sous la torture. Mais la plupart du temps, les gens étaient rafflés à domiciles (les vidéos étaient souvent filmées par les tortionnaires et revendues ensuite puis mises en ligne). Dans le quartier de Suk al-Juma des prisonniers rafflés au mois de juillet étaient immobilisés avec une raffale de balles tirées dans les jambes.

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