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Au théâtre samedi soir : rencontre « antisioniste » et folie révisionniste

2011/10/24

Article XI, lundi 1er février 2010, par JBB

Au théâtre samedi soir : rencontre « antisioniste » et folie révisionniste

Extraits:

[…] Pour y célébrer la fin du dernier procès de Robert Faurisson, la sortie française du livre de Paul-Eric Blanrue, Sarkozy, Israël et les Juifs […]

un forum antifa avait attiré mon attention sur une étrange annonce, postée sur le site de la sulfureuse association Entre la Plume et l’Enclume […]

« L’association Entre la Plume et l’Enclume vous invite à une projection du DVD Chomsky & Compagnie, Pour en finir avec la fabrique de l’impuissance, un film de Olivier Azam et Daniel Mermet, suivie d’un débat sur la défense de la liberté d’expression. Le samedi 30 Janvier à 15 h (…) au théâtre de la Main d’Or. » […]

Reprenons : le film se termine, les lumières s’allument, place (théoriquement) à un débat sur « la liberté d’expression ». Ginette Skandrani, puissance invitante puisque présidente de l’association Entre la Plume et l’Enclume [4], fait donc applaudir Robert Faurisson. Puis celle qui a été exclue des Verts pour ses amitiés révisionnistes et pour des textes publiés sur le site négationniste Aaargh vante sa prétendue lutte pour la liberté d’expression, avant de remercier Dieudonné, « pour le prêt de la salle » et parce qu’il a « apporté un immense souffle d’air », et Kémi Seba, pour « son combat contre l’impérialisme ». Civilités toujours, elle excuse aussi Pierre Guillaume [5], qui devait animer la rencontre : le (pseudo) débat se tiendra finalement sans lui.

Pour être franc, je n’en mène pas large. Je savais où je mettais les pieds avant de me rendre à la Main d’Or, mais je n’imaginais pas tomber sur ce véritable who’s who du négationnisme. Robert Faurisson, Ginette Skandrani, ainsi que Pierre Panet dans un coin de la salle [6], plus ces quelques têtes qui me disent quelque chose sans que je réussisse à mettre un nom dessus : ça commence à faire beaucoup… Je me trouve aussi un peu trop visible au milieu de ces gens qui – à l’évidence – se connaissent tous, d’autant plus isolé que je suis le seul à prendre des notes et que je ne m’en cache pas. Alors que Robert Faurisson a pris la parole, se déclarant « agréablement surpris » par ce « film très bien fait » et dévidant longuement ses souvenirs de procès de 1980, charabia juridique dont même ses soutiens semblent se fiche comme d’une guigne, je commence à me demander sérieusement ce que je fiche ici.
Je stresse un peu, donc. Et « le coup de grâce » va m’être donné par cette femme qui prend le micro après Faurisson et développe quelques considérations sur « l’ennemi intérieur », la nécessité de « resserrer les rangs » [7] et l’impératif de méfiance. Plus clairement, elle dénonce une infiltration – « Il y a un infiltré dans la salle ! »– et je serre un peu plus fortement mon stylo tandis qu’elle regarde en ma direction. Moi ? C’est à moi qu’on en veut ?

Et bien : non. C’est un homme , deux rangs devant moi, qui se retrouve au centre de l’attention générale, accusé d’entrisme. Lui se lève, choppe le micro et se présente, même s’il a l’air d’être connu d’une bonne partie de l’assistance. Puis, Alain Guionnet – c’est son nom – explique :
« C’est vrai, elle me soupçonne. Mais attention : je suis anti-juif à fond la caisse ! D’ailleurs, je suis révisionniste. »
« Révisioniste Kronenbourg », rétorque Robert Faurisson, faisant allusion – je le découvrirai plus tard – à une obscure querelle les opposant [8].
La prise de bec continue tandis que je range mes affaires, effaré. Je me lève alors que la voix au micro part dans d’obscures considérations religieuses, expliquant – à l’indignation générale de tous ces « antisionistes » – que religion musulmane et christianisme sont issus du judaïsme. Vacarme. C’est presque « rassurant », au fond : ces gens sont si dérangés qu’ils sont incapables de se tenir une seconde au thème du débat, seulement soucieux de comparer leur haine des juifs en jouant à celui qui a la plus grosse. Ils ne représentent rien, sinon leur propre folie.
Je passe la porte. Souffle un grand coup. Marche quelques mètres. Et puis, une main sur mon épaule :
« Je suis désolé si vous êtes choqué par ce qu’il a dit sur le christianisme, me sort l’un des organisateurs. Il ne faut pas l’écouter, il raconte n’importe quoi… »

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