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Dieudonné, côté obscur

2009/02/02

Par Christophe Forcari le 2 janvier 2009, Libération:

Dieudonné, côté obscur

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Nouvelle étape lors des européennes de 2004. Dieudonné se présente sur les listes Euro-Palestine avant d’en être écarté – déjà – à cause de ses fréquentations douteuses. Dans cette mouvance, il retrouve Alain Soral, essayiste romancier ancien du PCF et aventurier politique. Et Nouari Khiari, connu sous le pseudonyme d’«Abdelnour» dans les milieux islamistes radicaux et pour ses violentes diatribes contre l’Etat d’Israël. Homme d’affaires, entrepreneur, Nouari Khiari est également un proche de Farid Smahi, ex-conseiller régional FN d’Ile-de-France. Les deux hommes seront à l’origine du déplacement très médiatisé de Le Pen sur la dalle d’Argenteuil (Val-d’Oise) en avril 2007, là même ou Sarkozy avait lancé son fameux Kärcher. Nouari Khiari interceptait alors les passants pour leur proposer d’aller discuter avec Le Pen. En avril 2005, Khiari avait été interpellé et poursuivi pour «banqueroute par détournements d’actifs, défaut de comptabilité, abus de biens sociaux et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

Au Bourget ou à Damas

Dans la sphère des amis du comédien figure également Ahmed Moualek, animateur du site «La banlieue s’exprime». A l’été 2006, ce dernier participe à un voyage au Sud-Liban et en Syrie avec Dieudonné, l’inévitable Alain Soral, Thierry Meyssan, le fondateur du réseau Voltaire et Fréderic Chatillon, ex-responsable du GUD (Groupe union défense, organisation étudiante d’extrême droite), qui a longtemps entretenu des liens étroits avec le général Mustapha Tlass, ancien chef des services secrets syriens. Cet homme fort de Damas s’était fait une marotte de financer les groupes d’extrême droite occidentaux et l’impression d’opuscules révisionnistes dont le fameux Protocole des sages de Sion, classique de la littérature antisémite. Alain Soral sera, lui, à l’origine du tournant «national républicain» de Le Pen, pendant la dernière campagne présidentielle. Lors de son discours de Valmy en septembre 2006, le leader d’extrême droite invite les Français issus de l’immigration à voter FN. Ahmed Moualek, sur le site de La banlieue s’exprime, n’hésitera pas à dire tout le bien qu’il pense du président du FN. Avec un appel au vote à peine dissimulé.

En 2005, un nouveau personnage apparaît dans la nébuleuse du théâtre de la Main-d’or. Il s’agit de Marc Robert, de son vrai nom Marc George, ex-candidat FN aux municipales de 1995 à Eragny (Val-d’Oise). Il est réputé pour faire volontiers le coup-de-poing et perturber les meetings de Philippe de Villiers. En 2006, il devient le directeur de campagne de Dieudonné avant que celui-ci ne jette une nouvelle fois l’éponge. Aujourd’hui secrétaire général de l’association Egalité et réconciliation, dirigée par l’essayiste Alain Soral, Marc Robert a été un des organisateurs de la visite de Dieudonné à la fête Bleu-Blanc-Rouge (BBR) au Bourget en novembre 2006. Candidat FN à Nice aux dernières municipales, le Front lui a, selon un cadre du mouvement, reproché «un score inversement proportionnel à ses notes de frais».

Toto, Hitler et les Pygmées

La visite de courtoisie de Dieudonné aux BBR et la poignée de mains échangée avec Le Pen ne resteront pas sans suite. En décembre 2007, l’état-major du FN, quasiment au grand complet s’installe dans le carré VIP de la salle du Zénith ou Dieudonné joue la dernière de son spectacle «Dépôt de bilan». Bruno Gollnisch, qui avait reçu le soutien de Dieudonné lorsqu’il avait été mis en cause pour ses propos révisionnistes, a fait le déplacement. Comme Jany Le Pen accompagné par Frédéric Chatillon et Thierry Meyssan.

Au fil de son one-man-show, Dieudonné multiplie les allusions à la communauté juive, en prenant soin de rester à la lisière légale de l’antisémitisme. Il mine un journaliste jouant les carpettes aux ordres de Roger Cukierman, alors président du Conseil représentatif des institutions juives de France. «Comment M. Cukierman, vous avez un rhume ? Mais on va faire la une tout de suite», lance-t-il face à un public jeune très majoritairement black et beur qui réagit au quart de tour à toutes les allusions visant la communauté juive. Mêmes francs éclats de rires quand il parodie les derniers jours de Hitler dans son bunker ou encore quand il raconte l’histoire de Toto qui conteste l’existence des chambres à air…

La liaison avec le FN se poursuivra encore, en mars 2007, avec un voyage au Cameroun en compagnie de Jany Le Pen, pseudo-humanitaire et destiné à attirer l’attention des Français sur le sort des Pygmées.
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Les autres noms cites dans l’article: Robert Faurisson, Marie-France Stirbois, l’abbé Laguérie, Paul Touvier, Kemi Seba (racialiste de la Tribu Ka dissoute en 2006 pour «appel à la violence et antisémitisme» et président du Mouvement des damnés de l’impérialisme), Ginette Skandrani (exclue des Verts pour «cryptonégationnisme»), Philippe Olivier, Marie-Caroline Le Pen, Marine Le Pen, Julien Lepers, bimensuel d’extrême droite Flash, Thomas Werlet, la Droite socialiste, .

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